
Le Fairtrade est le label de développement durable le plus reconnu et le plus fiable au monde. Nous changeons la façon dont le commerce fonctionne grâce à de meilleurs prix, des conditions de travail décentes et un accord plus juste pour les producteurs et les travailleurs du café du monde entier. Nous travaillons en étroite collaboration avec les entreprises canadiennes pour les aider à naviguer dans les chaînes d'approvisionnement, à se conformer à la législation, à établir des relations avec les producteurs et à créer des changements significatifs qui protègent l'avenir de la culture du café.
Quelle est l'action ou l'initiative en matière de développement durable dont vous êtes le plus fier?
Fairtrade a récemment mené une étude complète sur les coûts de production (COSP) du café, en utilisant un modèle nouvellement développé conçu pour mieux recueillir des informations auprès des producteurs et de ceux qui mettent en œuvre des pratiques respectueuses de la biodiversité. Nous avons reçu plus de 600 réponses de producteurs, d'exportateurs, d'importateurs, de titulaires de licence, de détaillants et d'autres ONG. L'étude a confirmé que le coût de production du café varie considérablement d'un pays à l'autre et d'une région à l'autre, la gestion des cultures, y compris la récolte, les engrais et la taille, représentant la part la plus importante des dépenses des agriculteurs, suivie des coûts fixes et de l'établissement des cultures.

Pourquoi cette initiative était-elle importante pour votre équipe, votre organisation ou l'industrie du café?
Pour que le secteur du café prospère réellement, il est crucial de s'attaquer à la pauvreté systémique à laquelle sont confrontés de nombreux producteurs. Le coût de production a grimpé en flèche ces dernières années, avec des augmentations du coût des engrais et de la main-d'œuvre, sans parler des coûts liés à la mise en œuvre d'initiatives vertes qui sont généralement à la charge des agriculteurs eux-mêmes. Les effets d'entraînement de la pauvreté vont bien au-delà de la ferme, menaçant les forêts, les écosystèmes et le secteur du café lui-même.
Un secteur du café bâti sur la pauvreté est fragile, et l'instabilité de la chaîne d'approvisionnement, l'abandon des récoltes et l'attrition des producteurs sont des risques qui menacent inévitablement la sécurité des entreprises. Comprendre ce qu'il en coûte réellement aux agriculteurs pour produire leur café est une donnée essentielle qui nous permet de prendre des décisions éclairées sur ce qu'est une rémunération juste pour les agriculteurs. Même dans un marché volatil, le Fairtrade s'en tient aux principes de moyens de subsistance décents, de formation et de conditions de travail décentes pour les producteurs de café. L'achat de café certifié Fairtrade contribue à construire des organisations agricoles résilientes et des chaînes d'approvisionnement durables qui profitent aux agriculteurs, aux entreprises et aux consommateurs.
Comment cette initiative soutient-elle vos objectifs commerciaux à long terme ?
Aborder la pauvreté est fondamental pour notre mission car nous savons qu'une chaîne d'approvisionnement stable et équitablement rémunérée est une chaîne d'approvisionnement résiliente. Notre approche est holistique par conception, car la pauvreté, la dégradation de l'environnement et les violations des droits humains ne sont pas des problèmes distincts, et ils ne peuvent pas être résolus séparément.
Avec un examen accru des consommateurs et des demandes croissantes de la législation au Canada et dans le monde, Fairtrade dispose des outils nécessaires pour aider les entreprises à prendre des décisions concernant leur chaîne d'approvisionnement qui soient transparentes et fondées sur des données. Par exemple, nous avons développé un “en ligne"Carte des risques”qui permet aux entreprises et aux organisations d'agriculteurs d'évaluer et de procéder à la diligence raisonnable sur les risques liés aux droits de l'homme et à l'environnement. Nous voulons contribuer à bâtir un monde où chacun, tout au long de la chaîne d'approvisionnement, bénéficie de produits de qualité et jouit d'une qualité de vie.

Des partenariats ou des collaborations vous ont-ils aidé à faire avancer ce travail?
Fairtrade appartient à 50 % aux agriculteurs et aux travailleurs, ils ont donc un droit de parole égal dans la prise de décision. 57 coopératives et 225 agriculteurs ont participé à l'étude sur le coût de production. Ceux qui sont sur le terrain savent le mieux ! Les agriculteurs possèdent des connaissances expertes qui nous sont indispensables, ainsi qu'à l'avenir de l'industrie du café. Alors que nous continuons à examiner et à mettre à jour nos normes et nos processus, nous travaillons en collaboration avec nos trois réseaux régionaux de producteurs en Afrique, en Asie, et en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi qu'avec 25 organisations nationales Fairtrade, et FLOCERT, notre organisme de certification tiers.
Quelle est la leçon ou le conseil que vous pouvez partager avec d'autres acteurs du secteur du café?
Nous savons que le marché du café est volatil, mais les perspectives sont favorables au café certifié Fairtrade. Des données solides de Nielsen montrent qu'en 2025, le café Fairtrade a surpassé le marché de manière indéniable en termes de valeur (+32%) et de volume (+17%). Même avec des prix plus élevés, les consommateurs de café sont toujours prêts à payer pour une qualité supérieure et un approvisionnement éthique, et la durabilité et le changement climatique restent des préoccupations majeures. 45s buveurs de café canadiens recherchent le label Fairtrade. Ce n'est pas un “ plus ”, c'est un avantage concurrentiel. Il y a donc de solides arguments commerciaux pour faire ce qui est juste.